Bernard Galais

UNE JEUNESSE PROMETTEUSE

Bernard Galais naît le 30 janvier 1921. Sa mère l’initie à la musique, avec le solfège et le piano. Une amie de la famille fait découvrir la harpe à Galais alors qu’il a dix ans : c’est le coup de foudre. Dès l’âge de onze ans, il compose de petites pièces qualifiées de charmantes par leur public. En 1934, Bernard Galais intègre la classe de Marcel Tournier, Grand Prix de Rome et extraordinaire compositeur ; il le confie à Pierre Jamet dès 1936.

À dix-huit ans, Galais remporte un premier prix à l’unanimité (1939). Il termine ses études d’harmonie auprès d’Ève Meyer. Le 28 juin 1943,  il épouse Marie-Thérèse Rivière, à Paris XVII.


MUSICIEN POLYVALENT

Pendant la guerre, sa carrière se partage entre l’Opéra (il deviendra premier harpiste soliste plus tard) et l’orchestre de la société des Concerts du conservatoire, où il restera une vingtaine d’années). Après la guerre, il traverse une période bohème, dans des boîtes de nuit, jouant du tzigane, du jazz. En 1945, il devient harpe solo à la Garde républicaine. Il sera également soliste des Concerts Colonne (à partir de 1967) et de la Radio, et remplacera ponctuellement Pierre Jamet au CNSM de Paris, effectuant de nombreuses tournées (France, Angleterre, Japon), se produisant sous la baguette de chefs comme Karl Münchinger, Pierre Derveaux, René Leibowitz ou Robert Blot. Il succédera à Pierre Jamet au quintette instrumental de Paris.


UN HOMME GÉNÉREUX

Il prend sa retraite en 1980 et se consacre à la pédagogie et à l’écriture ; il effectue un grand nombre de transcriptions, qu’il interprète au disque, et des réorchestrations  (certaines avec des cadences inédites) de concertos d’Händel ou de Krumpholtz, qu’il confie à Marielle Nordmann. Il compose également un grand nombre de pièces pour les jeunes harpistes de tous les niveaux. Il conseille les interprètes sur le grand répertoire, joue du blues, fait partie de jurys aux examens de fin d’année. Ses 80 ans sont célébrés à l’Association internationale des harpistes et amis de la harpe, par l’interprétation de plusieurs pièces au cours d’un concert qui lui a été exclusivement consacré , avec des élèves en provenance de la France entière. Il s’éteint à Cannes, le 14 août 2009. Il laisse à la fois le souvenir d’un homme très discret, d’une grande bonté et très généreux , mais aussi d’un épicurien gourmand et gourmet. Sa musique est sensible et pleine d’esprit. Son jeu se distingue par sa clarté, son équilibre et sa sobriété.


Comme tout compositeur indépendant, Bernard Galais paye d’un manque de notoriété la liberté d’avoir composé sa propre musique, s’inspirant uniquement des thèmes et des esprits qui lui convenaient, sans s’assujettir à un courant ou à une école.